
L’encastrement social et des réseaux d’innovation
Michel Ferrary est professeur de management à l’Université de Genève (HEC Genève) et chercheur affilié SKEMA Business School. Principal spécialiste francophone de la théorie des réseaux sociaux appliquée au management, analyse du capital social, écosystèmes d’innovation (focus Silicon Valley).
Michel Ferrary est un contributeur majeur au management stratégique, particulièrement reconnu pour ses travaux à l’intersection de la sociologie économique et de la gestion.
Mots clefs- domaines
- Capital social
• Réseaux sociaux
• Encastrement social
• Silicon Valley
• Communautés de pratique
• Contributions majeures :
🔹1. Le Capital Social et les Réseaux (Silicon Valley)
Inspiré par la sociologie de Mark Granovetter, Michel Ferrary a analysé la Silicon Valley non pas comme un simple pôle technologique, mais comme un réseau social complexe.
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Don et contre-don : Il a démontré que les échanges d’informations et de ressources entre start-ups, capital-risqueurs et avocats reposent sur une économie du don (Gift Exchange), essentielle à la réduction de l’incertitude dans l’innovation.
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Capital social vs financier : Ses travaux expliquent comment le capital social (le réseau de relations) devient un actif stratégique qui complète, voire remplace, le capital financier dans les phases critiques de création d’entreprise.
🔹2. Féminisation et Performance des Entreprises
Ferrary dirige l’Observatoire SKEMA de la féminisation des entreprises. Ses études annuelles sur le CAC 40 ont une résonance internationale.
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Le seuil critique : Il soutient que pour qu’une mixité influence réellement la performance (rentabilité, résilience face aux crises), elle doit atteindre une « masse critique » (environ 30 à 35 %) au sein de l’encadrement et des instances de direction.
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Résilience boursière : Ses recherches ont mis en évidence que les entreprises les plus féminisées ont mieux résisté à la crise financière de 2008, suggérant une gestion des risques différente et une meilleure diversité cognitive.
🔹3. Management de l’Innovation et des RH
Il aborde la Gestion des Ressources Humaines (GRH) sous un angle stratégique et innovant.
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L’essaimage stratégique (Strategic Spin-off) : Il a théorisé l’essaimage non pas comme un départ, mais comme un contrat d’incitation permettant aux entreprises de garder un lien avec leurs chercheurs-innovateurs tout en leur offrant l’agilité d’une structure externe.
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L’organisation ambidextre : Il explore comment les grandes organisations (comme Google) gèrent la tension entre l’exploitation de leur cœur de métier et l’exploration de nouvelles innovations.
🔹4. La Théorie des Parties Prenantes (Stakeholder Theory)
Plus récemment, il a intégré la pensée de Pierre Bourdieu pour analyser comment les entreprises gèrent leurs multiples parties prenantes lors de chocs systémiques (restructurations, licenciements). Il analyse la conversion des capitaux (économique, social, symbolique) dans la stratégie politique des firmes.
Michel Ferrary introduit une lecture sociologique et humaine ià la compréhension des organisations modernes.
En décryptant les mécanismes du capital social au cœur de la Silicon Valley, il a mis en lumière l’importance des réseaux et de l’économie du don dans le succès des écosystèmes d’innovation.
Parallèlement, ses travaux pionniers sur la féminisation des instances dirigeantes ont transformé un enjeu sociétal en un levier de performance économique et de résilience face aux crises.
Son approche holistique, qui lie la gestion des ressources humaines à la stratégie de l’entreprise, rappelle que la création de valeur ne peut s’affranchir d’une gouvernance inclusive et d’une gestion éthique des parties prenantes.
• Bibliographie principale
Ouvrage de référence
FERRARY, M., PESQUEUX, Y. (2004, réédité 2014). L’organisation en réseau : mythes et réalités. PUF, collection « La Politique éclatée », Paris.
→ Ouvrage fondateur approche réticulaire organisations. Déconstruit mythe organisation réseau, analyse réalités sociologiques. Cas Silicon Valley, Sophia-Antipolis. Manuel référence Master/MBA.
Ouvrages complémentaires
FERRARY, M., PESQUEUX, Y. (2011). Management de la connaissance. Economica, Paris.
→ Synthèse KM et apprentissage organisationnel. Comment connaissances tacites circulent via réseaux sociaux et communautés pratique. Critique KM technologique vs social.
Articles majeurs
FERRARY, M., GRANOVETTER, M. (2009). « The Role of Venture Capital Firms in Silicon Valley’s Complex Innovation Network ». Economy and Society, vol. 38
→ Référence incontournable écosystèmes innovation.
FERRARY, M. (2010). « Dynamique des réseaux sociaux et stratégies d’encastrement social ». Revue d’économie industrielle, n° 129-1302.
→ Développement théorique dynamique stratégique réseaux.
FERRARY, M., DIBIAGGIO, L. (2003). « Communautés de pratique et réseaux sociaux dans la dynamique de fonctionnement des clusters de hautes technologies ». Revue d’économie industrielle, vol. 103, n° 1
→ Étude comparative Silicon Valley – Sophia-Antipolis.
FERRARY, M. (2010). « Syndication of Venture Capital Investment: The Art of Resource Pooling ». Entrepreneurship Theory and Practice, vol. 34
FERRARY, M. (2009). « A Stakeholder’s Perspective on Human Resource Management ». Journal of Business Ethics, vol. 87.
→ Approche stakeholder GRH. Employés encastrés réseaux parties prenantes. GRH doit gérer interfaces, favoriser encastrement positif.
FERRARY, M. (2002). « Mécanismes de régulation de la structure des qualifications et spécificité du capital humain ».
→ Étude capital social conseillers bancaires. Performance dépend capital social (réseau clients) plus que capital humain technique.

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