L’ambidextrie organisationnelle
Une réponse et un moteur face à l’accélération des cycles d’innovation
En 2024, le cycle de vie moyen d’un smartphone n’excède plus 21 mois. Au début des années 2000, il atteignait encore quatre à cinq ans. Même dynamique dans l’automobile : un modèle se renouvelle désormais tous les quatre ans, contre huit ans il y a à peine deux décennies. Une accélération structurelle qui redéfinit les règles du jeu des marchés.
Une redéfinition des règles illustrée dans les faits par l’évolution des dépenses en Recherche et Développement : En 2024, les investissements mondiaux en R&D atteignent 2,87 trillions de dollars, soit près de trois fois plus qu’en 2000 en valeur réelle. Les entreprises n’ont jamais autant innové. Le « Innover plus, innover plus vite, innovation mieux » est ainsi devenue la formule incantatoire qui guide les pratiques opérationnelles et stratégiques de bon nombre d’entreprises.
En redessinant les facteurs clés de succès sur les marchés, cette nouvelle donne en matière de R/D a notamment consacré des nouveaux entrants qui se sont rapidement imposés sur leur marché . Mais, cet impératif de « chrono-innovation » a aussi déboulonné des entreprises jusque-là leader et renversé des positions dominantes : . Kodak, leader incontesté de la photographie, disparaît en 2012. Nokia, alors dominant sur le marché du mobile, est balayé en moins de cinq ans par l’iPhone. BlackBerry passe de 20 % de parts de marché en 2009 à une quasi-disparition en 2016. La disruption ne prévient pas. Les positions acquises ne protègent plus.
Face à cette accélération brutale des cycles d’innovation, les entreprises se heurtent à une équation complexe : optimiser l’existant tout en inventant le futur. Exploiter efficacement les ressources actuelles tout en explorant de nouveaux territoires. Exceller dans le présent tout en construisant activement l’avenir. Le tout, dans un contexte environnemental très mobile et turbulent lui-même marqué par l’accélération des transformations.
Gérer simultanément ces logiques opposées est ainsi devenue une compétence clé : l’ambidextrie organisationnelle.
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.I. Des impératifs de vitesse et de transformation qui modifient les règles de jeu du marché
Comprendre l’ambidextrie organisationnelle suppose d’abord de replacer cette notion dans le contexte des transformations des marchés, marquées par le raccourcissement des cycles de vie, la montée en puissance des dépenses de R&D et l’accélération continue des volumes et des rythmes d’innovation.
1. Le raccourcissement brutal des cycles de vie
Le cycle de vie d’un produit, théorisé par Theodore LEVITT dans les années 1960, décrit les phases successives depuis le lancement jusqu’au retrait du marché : introduction, croissance, maturité, déclin. L’observation empirique révèle un raccourcissement spectaculaire de ces cycles dans la quasi-totalité des secteurs :

- Dans l’industrie automobile, les temps de développement ont chuté de 48 mois à environ 20-25 mois. Cette compression impose aux constructeurs de repenser radicalement leurs organisations R&D et leurs stratégies de plateforme.
- L’industrie agroalimentaire renouvelle désormais un tiers de son portefeuille produits chaque année pour suivre l’évolution des attentes consommateurs.
2. L’explosion des investissements en R&D
Parallèlement à ce raccourcissement des cycles, les dépenses mondiales de R&D connaissent une croissance exponentielle. Selon le WIPO Global Innovation Index 2025, les investissements mondiaux ont atteint 2,87 trillions USD en 2024, soit près du triple en valeur réelle par rapport à il y a 25 ans. L’intensité R&D mondiale (ratio R&D/PIB) est passée de 1,48% en 2000 à environ 2% en 2024.
Le basculement géographique est également spectaculaire. L’Asie (principalement Chine, Corée du Sud, Japon) représente désormais 45% des dépenses mondiales de R&D, contre 23% en 2000. L’Amérique du Nord pèse 28% (contre 38% en 2000), l’Europe 20% (contre 27%).
Les champions mondiaux de l’investissement R&D illustrent cette course à l’innovation :

La domination des Big Tech américaines est écrasante avec l’intelligence artificielle qui est devenue le principal moteur d’investissement.
3. La course à la vitesse : Chronocompétition et hypercompétition
Richard D’AVENI a théorisé en 1994 le concept d’hypercompétition : un environnement où les avantages concurrentiels sont temporaires, nécessitant une stratégie de perturbation permanente. Ce que D’AVENI anticipait il y a trente ans est devenu la norme. Les vagues d’innovation décrites par Schumpeter se raccourcissent drastiquement. Si la révolution industrielle s’est étalée sur un siècle, la révolution numérique a transformé l’économie en deux décennies.
Dans ce contexte, le momentum de lancement sur un marché devient l’obsession. « L’avantage du pionnier » peut permettre d’installer une position dominante difficile à rattraper. Mais cette course à la vitesse comporte un risque mortel : celui de cannibaliser ses propres produits ou de se laisser dépasser par un concurrent plus agile.
Les exemples de disruption brutale se multiplient. Kodak possédait les brevets de la photographie numérique dès 1975, mais a refusé de cannibaliser son activité argentique. Netflix a accepté de tuer son activité DVD pour investir massivement dans le streaming. Apple a eu le courage de rendre obsolète son iPod en lançant l’iPhone. Ces arbitrages entre exploitation de l’existant et exploration du nouveau sont au cœur de l’ambidextrie organisationnelle.
Le basculement géographique est également spectaculaire. L’Asie (principalement Chine, Corée du Sud, Japon) représente désormais 45% des dépenses mondiales de R&D, contre 23% en 2000. L’Amérique du Nord pèse 28% (contre 38% en 2000), l’Europe 20% (contre 27%).
4. De nouveaux leviers organisationnels et stratégiques pour répondre aux impératifs de chrono-innovation et d’hypercompétition
Face à cette accélération, les entreprises ont développé plusieurs leviers pour innover plus, mieux, moins cher et plus vite :
- L’ingénierie concourante
L’ingénierie séquentielle traditionnelle, où chaque phase démarre à l’achèvement de la précédente, est inadaptée aux contraintes actuelles. L’ingénierie concourante (ou simultanée) consiste à mener de front le maximum d’activités non liées par des contraintes de précédence strictes.
- La méthode Phase-Gate (ou méthode des étapes-clés)
Développée par Robert G. COOPER, cette méthode structure le processus d’innovation en phases successives séparées par des « portes » (gates) de décision. Elle repose sur trois principes (les « 3 A ») :
Agilité : Tâches séquencées en sprints de 2-4 semaines
Accélération : Élimination des étapes sans valeur ajoutée
Adaptation : Validations itératives permettant d’améliorer le produit en continu
DuPont, Exxon Chemical, et de nombreuses entreprises des secteurs automobile, santé et numérique ont adopté cette méthode depuis les années 1980.
- Les méthodes agiles adaptées à la R&D
Les méthodes agiles, initialement développées pour l’industrie du logiciel (l’approche Scrum, par exemple), sont désormais adaptées aux projets R&D : équipes projet se coordonnant principalement par ajustements mutuels, pratiques collaboratives, …
- L’innovation ouverte
En 2003, Henry CHESBROUGH appelle à sortir du paradigme de l’innovation fermée. L’innovation ouverte (Open Innovation) repose sur l’idée que les meilleures idées peuvent venir de l’extérieur de l’entreprise.
- Procter & Gamble a développé son programme Connect + Develop, invitant des partenaires externes à soumettre des idées.
- LEGO Ideas permet aux fans de proposer des designs. Air Liquide a ouvert un fab lab proposant ses outils et savoir-faire à des acteurs externes.
- Les opérations de croissance
Les opérations d’acquisition permettent d’acquérir et d’obtenir rapidement des compétences clefs alors que la croissance conjointe (partenariats, alliances) renforcent les transferts et les importations de savoirs.
La limite de ces approches
Ces leviers mobilisés sont autant de réponses permettant « d’innover plus, plus vite et mieux (avaleur perçue) » . Mais ils ne résolvent pas les tensions fondamentales et centrales : comment gérer simultanément l’optimisation de l’existant (exploitation) et l’invention du futur (exploration) ? Comment allouer les ressources entre court terme et long terme ? Comment faire cohabiter une culture de l’exécution et une culture de l’expérimentation ? Comment évaluer des activités aux temporalités radicalement différentes ?
C’est précisément cette capacité à piloter deux logiques contradictoires qu’ambitionne l’ambidextrie organisationnelle. Au-delà d’un simple outil, l’ambidextrie apparait comme mais une transformation structurelle profonde et un reformatage de l’organisation.
..II. L‘ambidextrie organisationnelle : Exceller au présent et construire l’avenir
1. L’ambidextrie organisationnelle – définition et fondements théoriques

- Le concept d’ambidextrie organisationnelle, introduit par James G. MARCH en 1991 et enrichi par Charles A. O’REILLY et Michael L. TUSHMAN (2004, 2013), désigne la capacité d’une entreprise à gérer conjointement et simultanément deux logiques de pilotage contradictoires :
- L’exploitation : optimiser les ressources et processus présents, améliorer l’efficience, satisfaire les clients actuels, maîtriser les coûts.
- L’exploration : chercher de nouvelles opportunités, expérimenter, prendre des risques, construire la performance future.
« … Le problème fondamental auquel une organisation est confrontée consiste à s’engager suffisamment dans l’exploitation pour assurer sa viabilité actuelle et, en même temps, à consacrer suffisamment d’énergie à l’exploration pour garantir sa viabilité future … »
March, J. G. (1991). “Exploration and Exploitation in Organizational Learning.”
2. Les deux piliers de l’ambidextrie
–> L’exploitation
Objectif : Optimiser la performance présente par l’efficience des ressources et des processus.
Les efforts se concentrent sur l’efficacité opérationnelle, l’amélioration continue et la satisfaction des attentes actuelles du marché. Concrètement :
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- Amélioration continue des produits et processus par l’innovation incrémentale et la démarche qualité
- Baisse des coûts par l’efficience dans l’exploitation des ressources
- Raccourcissement des délais de R&D sur les produits existants
- Satisfaction clients sur les besoins connus
Volkswagen investit 18 Md€ en R&D (2024), mais l’essentiel finance l’optimisation des plateformes existantes (MQB, MEB) et l’amélioration incrémentale des modèles en production. Les ingénieurs travaillent sur des gains de 2-3% de consommation, l’amélioration des finitions, la fiabilité. Cette exploitation génère les marges qui financent l’exploration.
–> L’exploration
Objectif : Identifier et développer de nouvelles opportunités pour construire la performance future.
L’entreprise cherche à terme à déstabiliser le marché par des innovations de rupture. Dans un contexte de chrono-innovation et d’hypercompétition, c’est à l’entreprise, par ses stratégies de rupture, de préparer et de construire son océan bleu (Chan KIM et R.MAUBORGNE, 2005). Concrètement :
- Intelligence stratégique : écoute du marché, veille technologique
- Prise de risque : investissements sans retour garanti
- Apprentissage organisationnel : développement de compétences dynamiques et évolutives

3. L ‘ambidextrie organisationnelle : Des tensions à dépasser
L’ambidextrie impose de gérer plusieurs tensions organisationnelles majeures :

Renault et la tension d’allocation
Renault investit ~3 Md€ en R&D (2024, +14%). L’allocation est un arbitrage permanent : faut-il optimiser les motorisations thermiques encore rentables (exploitation) ou accélérer sur l’électrique et l’hydrogène (exploration) ? Faut-il améliorer les Clio et Captur (80% du volume) ou investir dans les Scénic E-Tech et Mégane E-Tech (5% du volume aujourd’hui, peut-être 50% en 2030) ?
La réponse de Renault : structurer l’ambidextrie via la création d’Ampère (entité dédiée aux véhicules électriques), permettant des logiques de pilotage différenciées.
4. Les trois modes d’implémentation de l’ambidextrie organisationnelle
Les travaux d‘O’REYLLY & TUSHMAN (2004, 2013) et de FERRARY (2008) identifient trois formes d’ambidextrie organisationnelle : l’ambidextrie structurelle, contextuelle et séquentielle

Danone, devenue société à mission en 2020, structure son ambidextrie via des unités distinctes :
- Exploitation : optimisation des marques établies (Actimel, Activia, Evian)
- Exploration : Danone Manifesto Ventures (fonds de 60 M€ pour investir dans des startups food-tech), partenariats avec des startups (Yooji, Michel et Augustin)
Cette séparation permet de protéger les paris exploratoires des arbitrages court-termistes.
KPMG France, devenue société à mission en mai 2022, a fait le choix de l’ambidextrie contextuelle. Chaque associé et manager consacre 6 jours par an au « mécénat de compétences », contribuant à des projets exploratoires alignés sur la mission : décarbonation, inclusion, transformation sociétale.
Cette gouvernance partagée crée une ambidextrie contextuelle : les mêmes personnes gèrent l’exploitation (facturation client, rentabilité) et l’exploration (nouveaux services à impact, transformation du modèle d’affaires).
L’ambidextrie séquentielle
De 1997 à 2007, l’entreprise exploite son modèle DVD (optimisation logistique, algorithmes de recommandation). En 2007, Netflix bascule massivement vers l’exploration : streaming vidéo. Reed Hastings accepte de cannibaliser son activité DVD (encore rentable) pour investir massivement dans le streaming.En 2013, nouveau basculement vers l’exploration : production de contenus originaux. Aujourd’hui, Netflix exploite son catalogue et explore l’international, les jeux vidéo, la publicité. Cette capacité à basculer collectivement entre exploitation et exploration, en acceptant de détruire son propre modèle avant qu’un concurrent ne le fasse, est une illustration d’une démarche d’ambidextrie séquentielle.
5. L’ambidextrie : Des leviers organisationnels

Des structures organisationnelles flexibles et hybrides : Safran et son organisation ambidextre
Safran investit ~1,5 Md€ en R&D (2024). L’entreprise structure son ambidextrie via :
- Centres de compétences dédiés à l’exploitation (optimisation turbines, réduction consommation)
- Safran Tech, laboratoire de recherche transverse dédié à l’exploration (propulsion électrique, hydrogène, matériaux composites)
- Mécanismes d’intégration : comité innovation mensuel, rotation des chercheurs entre exploitation/exploration
Une gouvernance qui intègre les différents horizons
Valeo investit ~2 Md€ en R&D (2024, +36,8%). L’équipementier automobile structure explicitement sa gouvernance R&D selon les trois horizons temporel :
- H1 : optimisation des systèmes d’éclairage, climatisation (85% du CA actuel)
- H2 : ADAS (assistance à la conduite), électrification (15% du CA, croissance 20%/an)
- H3 : capteurs lidar, conduite autonome niveau 4-5 (0% du CA, paris 2030)
Le comité exécutif alloue les ressources en maintenant un équilibre entre les trois horizons, évitant ainsi le piège du court-termisme.
L’innovation ouverte et les écosystèmes
Stellantis (né de la fusion PSA-Fiat Chrysler) investit ~4 Md€ en R&D (2024). Le groupe structure son ambidextrie via :
- Free2Move, plateforme de mobilité (exploitation de données clients)
- Stellantis Ventures, fonds d’investissement dans des startups mobilité
- Partenariats avec Archer (taxis volants électriques), Factorial Energy (batteries solid-state)
Cette ambidextrie de réseau permet d’explorer des ruptures sans mobiliser toutes les ressources internes.
5. L’ambidextrie : Des leviers stratégiques

Formuler une vision stratégique qui intègre les deux horizons
L’intention stratégique d’Amazon dans les années 2000 : « Devenir la plus grande entreprise centrée client au monde. » Cette ambition a poussé Amazon à exploiter (optimisation logistique, amélioration continue du site) tout en explorant massivement (cloud computing avec AWS, Kindle, Alexa, Prime Video).
Résultat : Amazon investit ~82 Md€ en R&D (2024), le montant le plus élevé au monde.

La croissance externe : acquérir pour explorer
Entre 1993 et 2008, plus de 120 acquisitions. Cisco transforme l’acquisition en processus industriel : équipes dédiées à l’identification de cibles, intégration en 90 jours, conservation des équipes fondatrices. Cette ambidextrie de réseau a surperformé l’ambidextrie structurelle de Lucent.
La croissance conjointe : Renault-Nissan-Mitsubishi
L’Alliance permet de mutualiser l’exploitation (plateformes communes, achats groupés) tout en conservant des paris exploratoires distincts : Renault sur l’hydrogène, Nissan sur les batteries à électrolyte solide, Mitsubishi sur les véhicules hybride rechargeables.
Conclusion
L’ambidextrie organisationnelle s’impose aujourd’hui comme une réponse majeure à l’accélération de l’innovation. Dans un contexte de mobilité et de turbulence environnementale, exploiter sans explorer conduit à l’obsolescence. Explorer sans exploiter conduit à une évaporation de rentabilité.
Mais, dans le même temps, l’ambidextrie fait apparaître un paradoxe qui interroge : en permettant d’innover plus vite et mieux, elle contribue elle-même au raccourcissement des cycles de vie des produits. Plus elles accélèrent l’exploration, plus elles réduisent la durée d’exploitation de leurs propres innovations. Plus elles innovent, plus vite leurs produits deviennent obsolètes.
Lorsqu’un smartphone est renouvelé tous les 21 mois, la fenêtre d’amortissement se réduit drastiquement. Les coûts fixes (R&D, industrialisation, marketing de lancement, …) doivent être récupérés sur un temps d’exploitation de plus en plus court. La pression sur les marges s’intensifie. L’obligation d’innover encore plus vite pour maintenir la compétitivité s’accroît.
Cette spirale pose aussi des questions sociétales et environnementales. Le raccourcissement des cycles de vie alimente l’obsolescence perçue et réelle, la surconsommation, l’épuisement des ressources naturelles.
L’ambidextrie est une capacité organisationnelle nécessaire pour survivre dans l’économie de l’innovation permanente. Elle n’est probablement pas suffisante pour construire une performance véritablement durable, au double sens du terme : pérenne dans le temps et soutenable pour la planète.
Le prochain défi des organisations ambidextres sera peut-être d’apprendre à innover autrement : non plus seulement plus vite et plus fort, mais de manière plus plus responsable. Non plus seulement pour raccourcir les cycles de vie, mais pour créer des produits durables qui réconcilient performance économique et impact positif.
L’ambidextrie de demain devra très certainement apprendre à conjuguer le temps court de l’efficacité et le temps long de la durabilité, la course à l’innovation et la construction de valeur pérenne, l’excellence opérationnelle et la responsabilité sociétale. Autant de paradoxes et de nouveaux défis à gérer.
Gérard Lécrivain pour Lesclefsdumanagement.com
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Sources mobilisées
- BIBLIOGRAPHIE ET SOURCESOuvrages et articles académiques
- MARCH, J.G. (1991). Exploration and Exploitation in Organizational Learning. Organization Science.
- O’REILLY, C.A. & TUSHMAN, M.L. (2004). The Ambidextrous Organization. Harvard Business Review.
- O’REILLY, C.A. & TUSHMAN, M.L. (2013). Organizational Ambidexterity: Past, Present, and Future. Academy of Management Perspectives).
- FERRARY, M. (2008). L’innovation ouverte au niveau interorganisationnel : Lucent Technologies vs Cisco Systems. Revue Française de Gestion
- CHESBROUGH, H. (2003). Open Innovation: The New Imperative for Creating and Profiting from Technology. Harvard Business School Press.
- D’AVENI, R.A. (1994). Hypercompétition. Harvard Business Review.
- KIM, W.C. & MAUBORGNE, R. (2005). Stratégie Océan Bleu : Comment créer de nouveaux espaces stratégiques. Pearson.
Rapports et données statistiques
- WIPO (2025). Global Innovation Index – End of Year Edition. www.wipo.int
- Commission européenne (2025). EU Industrial R&D Investment Scoreboard 2025.
- EY (2025). Top 500 R&D Study. www.ey.com
- OCDE (2024). Main Science and Technology Indicators (MSTI 2024-2).
- CTA (2022). Product Lifecycle Study. Consumer Technology Association.
- TEM Journal (2019). Shortening Life Cycle & Complexity Impact on Auto Industry.
- PMC (2021). Durability of smartphones: A technical analysis.
Ressources en ligne
- R&D World Online (2024-2025). Top R&D Spenders Analysis. www.rdworldonline.com
- Zabala Innovation (2025). Investment Scoreboard 2024 Analysis. www.zabala.fr
- BIBLIOGRAPHIE ET SOURCESOuvrages et articles académiques









